UQAM - Université du Québec à Montréal Faculté des sciences humaines
Histoire du Proche-Orient et du Maghreb

Rapport de recherche, Alep 2008

Bourse de recherche en histoire du Proche-Orient, UQAM

Dans le cadre du projet « Autonomie locale et étatisme ottoman en Syrie septentrionale », le Département d'histoire de l'Université du Québec à Montréal offre, en septembre 2007, deux bourses de recherche d'un valeur de $ 4 000 renouvelables pour deux ans aux étudiant(e)s inscrit(e)s à la maîtrise en Histoire du Proche-Orient et du Maghreb.

Les bourses sont destinées à des candidat(e)s qui souhaitent participer à des recherches dans les archives « Poche-Marcopoli » à Alep en Syrie ou dans d'autres archives de l'époque ottomane au Proche-Orient, et qui prépareront leur mémoire de maîtrise en histoire à l'UQAM. Les mémoires individuels s'inscriront dans un projet de mise en valeur de sources relatives à l'histoire locale du Proche-Orient ; la maîtrise de l'arabe ou du turc ottoman ou moderne n'est pas requise.

Critères d'éligibilité : il n'y a aucune restriction de citoyenneté. Les candidat(e)s sont responsables pour s'assurer de leur inscription aux études de deuxième cycle à l'UQAM à temps plein en septembre 2007 et doivent maintenir un bon dossier académique. L'argent sera dispensé en forme d'assistanat de recherche et de subventions de voyage. Les boursiers, boursières seront également éligibles pour d'autres formes de soutien financier départemental et universitaire ainsi que pour des bourses d'exemption de frais majorés pour étudiants étrangers, des bourses de la Francophonie, etc.

La date limite pour le dépôt de candidatures est le 15 avril 2007 (la date limite de demandes d'inscription en maîtrise d'histoire). Le dossier doit comprendre (a) une lettre de présentation précisant votre formation en histoire du Proche-Orient ainsi que les recherches envisagées dans le cadre de vos études de 2e cycle ; (b) une copie de votre dossier académique ; (c) deux lettres de recommandation.

Recherches actuelles

« The Shiite Emirates of Ottoman Syria, 16th-18th Centuries » et « Tribus nomades et étatisme ottoman en Syrie septentrionale : La province de Raqqa, 18e-19e siècles » (projet financé par le FQRSC, 2006-2009)

L'objectif de ce travail est de dresser un tableau complet des émirats autonomes de la Syrie géographique du Nord (y compris le Liban) et en particulier de ceux qui ont échappé à l'attention de l'historiographie conventionnelle. Le premier volet du projet concerne les émirats tribaux chiites, et leur rapport avec l'État. Traitées d'hérétiques et fréquemment poursuivies par un Empire confessant officiellement l'islam sunnite, les communautés chiites des montagnes côtières se montrent dans les documents administratifs comme jouissant d'une grande autonomie économique et politique au 18e siècle, quand le gouvernement impérial choisit de reconnaître leurs leaders comme fermiers d'impôts et chefs de police locale (mukataacı). Ce système paradoxal, bien admis au Liban où l'émirat druse-maronite forma le noyau d'un État indépendant, peut aussi être relevé dans les districts qui furent ulté­rieurement intégrés à la Syrie. Dans ce volet il s'agira de com­pléter notre analyse des émirats chiites du Liban, sujet de ma thèse de doctorat soutenue en 2002, avec un aperçu des principautés alaouites à la même époque. Une comparaison détaillée du fonctionnement des émirats chiites et alaouites permettra non seulement d'accréditer la thèse d'une étonnante tolérance administrative pour les communautés tribales hétérodoxes dans l'Empire ottoman, mais aussi de mettre en cause la spécificité historique prétendue de l'autonomie libanaise.

Le deuxième volet du projet part avec l'idée-cadre d'une tolérance administrative ottomane envers les groupes marginaux pour examiner plus généralement le tribalisme, les émirats et le contrôle étatique en Syrie septentrionale. Il visera notamment le fonctionnement de la province de Raqqa au sein de l'État ottoman au 18e siècle, époque où elle devient le centre d'une politique de sédentarisation tribale de grande envergure (la iskan siyaseti). La cooptation des émirs locaux, en majorité kurdes, par l'État pour accomplir la sédentarisation suggère à quel point sa politique envers les tribus, en effet souvent très répressive, était moti­vée non pas par des considérations ethniques ou religieuses, mais par le désir de discipliner et même d'incorporer la périphérie sociale dans l'État. En nous appuyant sur les théories historiques de la discipline sociale (Foucault, Oestreich), nous tentons de démontrer comment le contrôle de groupes généralement traités de « bandits » (eşkiya) dans les sources ottomanes étayait en réalité la mainmise de l'État sur sa périphérie territoriale au début de l'ère moderne.


UQAM - Université du Québec à Montréal  ›  Mise à jour : 18 mai 2016